Mai 2024

MÉDITATION PASCALE

Lorsque Jésus meurt sur la croix, le « monde » disparaît.
Le monde mauvais est détruit. Tout le péché du monde, passé,
présent et à venir, Jésus l’a pris sur Lui. Il l’a assumé et expié.
Apparemment, le monde ancien est encore là, mais il a perdu sa force
et il est vaincu une fois pour toutes. Le signe que le monde ancien
a fait son temps, c’est la résurrection de Jésus. Avec sa résurrection
commence le monde nouveau, éternel. Tous ceux qui croient à la
résurrection, capables ainsi d’y avoir part, ont déjà commencé à
vivre dans ce monde nouveau. La puissance et le pouvoir de Dieu se
sont déjà manifestés lors de la mort de Jésus sur la croix.
C’est là, sur la croix, que Dieu en a définitivement fini avec le monde
ancien. C’est pourquoi les évangélistes décrivent la mort de Jésus
avec des images apocalyptiques : le soleil s’obscurcit, la terre
tremble, les tombeaux s’ouvrent. Toutes choses qui nous évoquent
le dernier jour.

Pour toi qui vis après Jésus et crois en Lui, le monde ancien a disparu. Tu as démasqué son caractère
fallacieux et sa vanité. Il n’a ni solidité, ni substance. C’est pourquoi tu ne dois ni t’y fier, ni non plus en
avoir peur.

Quoi que le monde puisse devenir, jamais il ne pourra te séparer de l’amour du Christ.
Tu es à l’abri de toute inquiétude, car l’inquiétude que tu éprouves provient seulement des soubresauts
d’un monde ancien, en fait déjà mort. Jésus a traversé la souffrance du monde entier et l’a offerte au Père.
Tu ne peux donc plus parler du tragique de la vie. Le tragique a été changé en une croix libératrice.
Par ce fait, cette certitude et transfiguration qu’effectue Jésus fait que l’union qu’établit le Ressuscité entre
lui et les hommes est profonde et finalement inaltérable. Cette union nous conduit à vivre continuellement
dans un état qui peut se traduire par ces deux mots qui reviennent sans cesse sur nos lèvres durant nos
prières liturgiques, à savoir : Amen et Alléluia !
Ainsi, la disposition habituelle de notre âme doit donc être un Amen continuel et un joyeux Alléluia sans
cesse répété.
Amen, c’est l’acceptation du sacrifice que Dieu nous demande pour s’associer au sien.
Alléluia, c’est le cri des âmes fortes pleinement abandonnées au bon plaisir de Dieu.
Amen, c’est oui.
Alléluia, c’est merci.
Amen, c’est le cri de l’âme qui veut tout ce que Dieu veut.
Alléluia, c’est le cri de l’âme qui est heureuse de tout ce que Dieu permet.
Amen, c’est le cri de l’âme qui se soumet (se met sous l’égide de Dieu).
Alléluia, c’est le cri de l’âme qui va au-devant de la volonté de Dieu qu’elle aime.
Amen, c’est surtout le cri des saints de la terre.
Alléluia, c’est le cri des saints du Ciel, c’est le chant du repos après le labeur, c’est l’hymne sacré de l’action
de grâce éternelle.
Amen, Alléluia, sont les cris de St Fulcran, St Georges, St Geniès et le Bienheureux Pons de l’Héras qui nous
incitent à les dire constamment dans nos journées, alors…
Amen à tout ce que je recevrai, amen à tout ce que j’éprouverai, amen à tout ce que je redouterai, alléluia!
Car tu es avec moi, Seigneur ressuscité, Amen Alléluia !

Père Jean-Côme ABOUT